1 septembre 2016

C'EST LA FIN

L'expérience fut belle. Elle permit l'expérimentation d'un rêve, des rencontres passionnantes, des apprentissages tant thématiques qu'humains. Nous remercions vivement l'ensemble des participant(e)s ayant contribué aux réussites de cette aventure, ainsi que tous les partenaires l'ayant soutenu. Nourrissez votre curiosité !

Notre site est maintenu en ligne à titre documentaire afin que d'autres puissent s'inspirer de cette idée très concrète : déscolarisons la connaissance pour en faire un bien commun accessible à tous.

Vous pouvez, ici, retrouver les deux grandes phases du projet :



PHASE 1

L'idée qui a fait naître Lyon Zéro n'est pas de réformer le modèle universitaire classique, mais d'offrir un choix entre ce modèle et une université où l'apprentissage puisse se construire sur la mutualisation des capacités de chacun, où la motivation remplace la sanction, où la coopération remplace la sélection, où la diversité remplace la hiérarchie.

A Lyon Zéro ce sont les participants eux-mêmes qui proposent et font vivre les ateliers. Le contenu et la forme de ces derniers pouvant grandement varier d'un thème à un autre, chaque groupe décide de son propre fonctionnement. Jonglage, biologie, méditation, économie... tous les sujets peuvent être abordés selon les envies de chacun. Pour s'inscrire il suffit d'être majeur, aucun diplôme ou concours n'est requis. Toutefois il est possible de participer librement aux ateliers dès l'âge de 16 ans afin que les plus jeunes puissent découvrir l'université ou tout simplement mieux préparer leurs futures orientations en abordant des domaines variés. Il n'y a pas de note à Lyon Zéro, mais des auto-évaluations individuelles et collectives peuvent être utilisées. Un diplôme annuel est délivré à chaque participant comprenant la liste des ateliers auxquels il aura participé. Les tâches quotidiennes sont quand à elles effectuées collectivement.

Une assemblée collégiale de huit personnes tirées au sort est chargée du bon fonctionnement de l'université. Elle organise par exemple les rencontres, gère les inscriptions, représente l'université, etc. Les décisions collectives sont proposées, débattues et décidées lors de Conseils réunissant l'ensemble des participants inscrits. Le succès de l'université repose sur la motivation qui anime ses membres. Sachant que la motivation varie d'une personne à une autre, mais aussi dans le temps, nous réfléchissons ensemble continuellement à la lumière de nos expériences à l'amélioration du fonctionnement de Lyon Zéro. L'université étant un lieu de passage et de brassage, les nouveaux arrivants sont accueillis durant un temps de sensibilisation et de partage concernant le fonctionnement de l'université et leur implication au sein de celle-ci, en vue de transmettre et prolonger l'esprit initial. Souhaitant nous inscrire dans la pérennité, nous œuvrons pour que Lyon Zéro soit reconnue et soutenue (en étant par exemple accueillie dans les locaux d'une université existante). Enfin, nous désirons que ses participants bénéficient du statut étudiant et accèdent aux divers avantages qui lui sont rattaché (bourses, aide au logement, couverture santé, etc.), afin que ce lieu de partage ne soit pas réservé à quelques privilégiés qui auraient les moyens financiers et temporels d'y participer.

» Ce texte est accessible en plusieurs langues. (Afin de diffuser le concept d'université partagée au-delà des frontières.)

» Pour aller plus loin dans la compréhension du fonctionnement de Lyon Zéro, vous pouvez visiter la page dédiée aux questions fréquemment posées.



PHASE 2

Lyon Zéro met en ligne un outil pour favoriser le partage des savoirs.
Désormais un outil web permet aux participant-e-s de visualiser les savoirs qu'ils proposent et recherchent et de se contacter mutuellement.

Brève rétros­pec­tive

Lyon Zéro est une ini­tia­tive née pen­dant le mou­ve­ment des étudiant-e-s qui a secoué l'université Lyon 2 de sa léthar­gie lors de l’été 2009. Alors que le mot d’ordre domi­nant se foca­li­sait sur l’abro­ga­tion de la LRU, nous avons été une poi­gnée à nous réunir autour de la ques­tion « quelle uni­ver­sité dési­rons-nous ? », par­tant du cons­tat que l’actuelle - avec ou sans LRU - ne nous conve­nait pas. Lyon Zéro est la concré­ti­sa­tion de cette réflexion : créer une pla­te­forme per­met­tant aux indi­vi­dus de par­ta­ger libre­ment et gra­tui­te­ment leurs savoirs.

Il était devenu vital de débran­cher la per­fu­sion uni­ver­si­taire qui nous dis­tille, au goutte-à-goutte, son pro­gramme bien dosé et cali­bré, pour enfin lais­ser notre curio­sité s’épanouir en lui per­met­tant d’explo­rer l’ensem­ble des domai­nes aux­quels elle aspire. Depuis ce temps, le projet a fait du chemin. Les nom­breux tâton­ne­ments, débats et ate­liers d’échange de savoirs qui ont animé Lyon Zéro ont permis aux par­ti­ci­pant-e-s de vivre une fruc­tueuse expé­rience humaine. Lyon Zéro a réussi à sur­vi­vre à la mort du mou­ve­ment anti-LRU, aux vacan­ces sco­lai­res, aux décou­ra­ge­ments, notam­ment en dépas­sant les fron­tiè­res du monde estu­dian­tin pour accueillir des per­son­nes venues d'autres hori­zons avec leur bagage de savoirs et de désirs.

Un nouvel outil pour plus de sim­pli­cité et d’auto­no­mie

Aujourd’hui, dans une recher­che de sim­pli­fi­ca­tion de notre fonc­tion­ne­ment, nous venons d’établir un mini-for­mu­laire per­met­tant aux per­son­nes de faire connaî­tre les savoirs qu’elles pro­po­sent et/ou recher­chent, et de lais­ser leurs coor­don­nées pour qu'elles puissent être contac­tées. Ces infor­ma­tions apparaissent ensuite dans une page web consul­ta­ble par l’ensem­ble des per­son­nes ayant elles-mêmes com­plété ledit for­mu­laire. Les par­ti­ci­pant-e-s pour­ront ainsi se contac­ter mutuel­le­ment et s’orga­ni­ser entre eux/elles pour déter­mi­ner la manière la plus appro­priée de par­ve­nir à leurs objec­tifs.

Il s’agit d’un outil simple qui vise à encou­ra­ger l’auto­no­mie des par­ti­ci­pant-e-s et la cir­cu­la­tion des savoirs, de manière aussi hori­zon­tale que pos­si­ble.

Pour faire partie de cette liste d’échange, il vous suffit de nous envoyer un mes­sage. Vous rece­vrez en retour un lien vers le for­mu­laire à com­plé­ter.

(NB : Notez que par respect pour les informations personnelles, les contacts des participant-e-s est cryptée et non référençable par les moteurs de recherche.)


2 juin 2015

De l’éducation populaire à la domestication par la « culture »

Histoire d’une utopie émancipatrice par Franck Lepage, mai 2009.

Il y a cinquante ans, le général de Gaulle présidait à la création du ministère des affaires culturelles. La naissance de cette institution a précipité le déclin d’un autre projet, à présent méconnu : l’éducation politique des jeunes adultes, conçue dans l’immédiat après-guerre comme un outil d’émancipation humaine. Pour ses initiateurs, culture devait rimer avec égalité et universalité.

En France, quand on prononce le mot « culture », chacun comprend « art » et plus précisément « art contemporain ». Le mot Culture, avec son singulier et sa majuscule, suscite une religiosité appuyée sur ce nouveau sacré, l’art, essence supérieure incarnée par quelques individus eux-mêmes touchés par une grâce — les « vrais » artistes. La population, elle, est invitée à contempler le mystère.

Entamée dès les années 1960 sous l’égide du ministère des affaires culturelles, la réduction de la culture à l’art représente une catastrophe intellectuelle pour tout homme ou toute femme de progrès. Si « culture » ne veut plus dire qu’« art », alors ni l’action syndicale, ni les luttes des minorités, ni le féminisme, ni l’histoire, ni les métiers, ni la paysannerie, ni l’explication économique, etc., ne font plus partie de la culture. Entre cette dernière et la politique s’instaure un rapport d’exclusion. Et la gauche a un problème. Tel n’a pas toujours été le cas. Il fut un temps — pas si éloigné — où un petit groupe de militants nichés au cœur des institutions françaises tentait de faire rimer culture — populaire — et politique.

En 1944, un paquebot fait route tous feux éteints vers la France. A son bord, une jeune femme. Cinquante ans plus tard, elle se rappelle : « Ma prise de conscience date de 1942 et de la promulgation des lois antijuives par l’Etat français. J’étais alors professeure de lettres au lycée de jeunes filles d’Oran, en Algérie. J’ai été totalement choquée par la tranquillité avec laquelle ces lois antisémites ont été acceptées et mises en œuvre par mes collègues. » La vénérable dame de 86 ans qui nous livre ses souvenirs, ce jour de 1994, se nomme Christiane Faure. Elle repose désormais au cimetière de Lourmarin (Vaucluse) à côté de sa sœur et de son beau-frère, Albert Camus.

Elle raconte comment les noms juifs sont rayés à l’encre rouge ; comment ses élèves quittent l’établissement, leur blouse sous le bras. Mlle Faure organise alors des cours clandestins de préparation au baccalauréat. L’affaire s’ébruite ; on la menace ; elle persiste. Après le débarquement d’Algérie en novembre 1942, l’enseignante intègre le Gouvernement provisoire d’Alger dans le « service des colonies », dirigé par René Capitant, ministre de l’éducation nationale. Ce dernier est chargé de remettre les textes officiels sur leurs pieds républicains. En 1944, Mlle Faure regagne la France avec le Gouvernement provisoire.

« Capitant nous a réunis pour nous annoncer que Jean Guéhenno créait un service d’éducation des adultes — un “bureau de l’éducation populaire” — et a demandé qui voulait s’en charger. J’ai levé la main à la surprise générale. » Dégoûtée de l’éducation nationale, Mlle Faure ne veut plus enseigner aux enfants. « La “laïcité” [à prendre ici au sens de « neutralité politique »] imposée aux enseignants ne me convenait plus. Elle empêchait toute explication franche, directe, c’est-à-dire politique, avec la jeunesse. La laïcité devenait une religion qui isolait comme les autres. Dans un cadre d’éducation des adultes, il me semblait qu’on pourrait dire tout ce qu’on voudrait. D’où mon choix pour l’éducation populaire : cadre neuf, cadre libre, où pourrait se développer l’esprit critique. » Guéhenno en est le garant. Ouvrier devenu professeur à Louis-le-Grand puis écrivain à force d’étudier, ce résistant conçoit sa mission comme un sacerdoce. Il s’agit « d’élever au plan de l’enseignement ce qui était livré aux propagandes, la formation des citoyens ». (Le Figaro, 2 mai 1952.)
« En vain toutes les chaînes
auraient été brisées »

A la Libération, les horreurs de la seconde guerre mondiale ont remis au goût du jour cette idée simple : la démocratie ne tombe pas du ciel, elle s’apprend et s’enseigne. Pour être durable, elle doit être choisie ; il faut donc que chacun puisse y réfléchir. L’instruction scolaire des enfants n’y suffit pas. Les années 1930 en Allemagne et la collaboration en France ont démontré que l’on pouvait être parfaitement instruit et parfaitement nazi. Le ministère de l’éducation nationale convient donc qu’il incombe à la République d’ajouter un volet à l’instruction publique : une éducation politique des jeunes adultes.

Les conventionnels de 1792 l’avaient déjà compris : se contenter d’instruire des enfants créerait une société dans laquelle les inégalités seraient fondées sur les savoirs. «  Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, qui recevront leurs opinions d’une opinion étrangère, en vain toutes les chaînes auraient été brisées, tonne le marquis de Condorcet à la tribune de l’Assemblée nationale, le 20 avril 1792.Le genre humain restera partagé en deux classes : celle des hommes qui raisonnent et celle des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves. » Le député de l’Aisne, à qui l’on attribue généralement la paternité de l’expression « éducation populaire », propose de poursuivre l’instruction des citoyens « pendant toute la durée de la vie ». Mais cela ne saurait suffire. Quand Condorcet évoque (déjà !) cette « partie de l’espèce humaine » astreinte dans les « manufactures » à « un travail purement mécanique » et pointe la nécessité pour ces individus de « s’élever », de « connaître et d’exercer leurs droits, d’entendre et de remplir leurs devoirs », il ne s’agit plus seulement d’instruction mais d’éducation politique.

Ces deux dimensions, pas toujours conciliables, fondent l’ambiguïté de l’« éducation populaire ». Pour les classes moyennes à l’origine des mouvements laïques tels que la Ligue de l’enseignement (1881), il s’agit d’éduquer le peuple en appoint de l’école ou de pallier l’absence de celle-ci. Une seconde acception renvoie à toute forme d’éducation émancipatrice dont la forme serait populaire. Elle revendique l’héritage des expériences d’éducation critique et politique qui traversent le mouvement ouvrier à la fin du XIXe siècle (syndicalisme révolutionnaire, bourses du travail).

A bord du navire qui vogue sans phares vers la France, Mlle Faure songeait plutôt à la seconde... Ainsi après Auschwitz — à cause d’Auschwitz —, on envisage à nouveau l’éducation politique des jeunes adultes. Mlle Faure et Guéhenno recrutent des professionnels de la culture populaire issus du théâtre (Hubert Gignoux, Henri Cordreaux, Charles Antonetti, Jean Rouvet...), de la radio (Pierre Schaeffer), du cinéma, de la photographie, du livre (Jean Nazet), des arts plastiques ou de la danse, de l’ethnologie, etc. Leur mission : inventer les conditions d’une éducation critique des jeunes adultes par les moyens de la culture populaire, ou encore « susciter par la réflexion et la pratique une attitude propice à l’éducation des adultes (1) ».

En 1944 naît au sein de l’éducation nationale une direction de la culture populaire et des mouvements de jeunesse, vite rebaptisée direction de l’éducation populaire et des mouvements de jeunesse. « Jeunesse » ne signifie pas encore « adolescence » — ce sens apparaîtra dans les années 1960 : un « jeune », en 1945, est un adulte de 21 ans (2). Parallèlement est instituée une direction des arts et lettres. Jeanne Laurent, ancienne résistante, s’y emploiera à décentraliser le théâtre. Interrogée sur leurs rapports, Mlle Faure souligne à quel point les deux problématiques étaient différentes : « Jeanne Laurent, c’était les beaux-arts... Nous, c’était la culture, la démocratie. » Une distinction appelée à s’effacer...

La petite administration de l’éducation populaire durera moins de quatre ans. Après le début de la guerre froide, la lutte entre gaullistes et communistes s’envenime. L’éducation des jeunes adultes constitue vraisemblablement un enjeu tel qu’aucun des deux protagonistes ne veut risquer que l’autre la contrôle. En 1948, on s’accorde sur sa fusion, « pour mesure d’économie publique », avec la direction de l’éducation physique et des activités sportives dans une impayable « direction générale de la jeunesse et des sports », matrice du ministère souvent confié depuis à de non moins impayables sportifs (M. Bernard Laporte), généralement ignorants des questions d’éducation populaire (3). En d’autres termes : il n’y aura pas de service public d’éducation démocratique, critique ou politique des jeunes adultes en France. Ils feront plutôt du kayak ! Guéhenno démissionne, Mlle Faure retourne en Algérie diriger un service d’éducation populaire non rattaché au sport.
Les affaires culturelles victimes d’une roulette russe

Pourtant, une impulsion a été donnée. Dès les années 1950, les instructeurs d’éducation populaire recrutés par Mlle Faure rêvent de quitter le sport, dont ils n’ont que faire, et imaginent la création de leur propre ministère. Leur sous-directeur, Robert Brichet, esquissera même en 1956 le projet d’un « ministère des arts ». Pour cela, il faut acclimater le concept de « ministère de la culture », expérimenté par des pays totalitaires, pour en faire un ministère de la culture démocratique. Un ministère de l’éducation populaire en somme. Qui nommer à sa tête ? Du côté des instructeurs, on pense au philosophe Camus, directeur d’une maison de la culture à Alger, fondateur du théâtre du travail et adepte de la création collective contre la création individuelle.

L’histoire en décidera autrement. Parvenu au pouvoir, le général de Gaulle veut récompenser la fidélité d’André Malraux, ministre de l’information sous la IVe République et directeur de la propagande du Rassemblement du peuple français (RPF), fondé par le général en avril 1947. Débute alors une sorte de roulette russe institutionnelle dont l’éducation populaire sortira perdante. En 1959, le président de la République demande au chef du gouvernement, Michel Debré, de trouver un ministère pour son chantre officiel. Malraux demande un grand ministère de la jeunesse, domaine encore très sensible après Vichy ; on le lui refuse. Il réclame la recherche sans plus de succès. Puis il demande la télévision et essuie un troisième refus. Se souvenant du projet de « ministère des arts », Debré lui propose en désespoir de cause un ministère des affaires culturelles. Malraux accepte (4). On y rassemble le cinéma, les arts et lettres, l’éducation populaire et ses instructeurs nationaux. Le directeur du cabinet de Malraux, Pierre Moinot, ami de Mlle Faure, lui fait savoir la bonne nouvelle et l’invite à les rejoindre.

Contrairement à une idée reçue, l’auteur de La Condition humaine n’a pas « créé » ce ministère, qu’il n’a au demeurant pas réclamé. Son administration est bâtie par des fonctionnaires rapatriés de l’outre-mer qui, après la décolonisation, sont affectés aux affaires culturelles (5). Efficaces mais idéologiquement marqués par leur expérience précédente, ils influencent la doctrine du ministère. Lequel aura vocation à irradier à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières le feu de la grandeur nationale. Puissance de la France à l’international et pouvoir symbolique de l’Etat dans les régions ; apologie de l’élite et du génie français. Un ministère profondément antipopulaire.

Les instructeurs d’éducation populaire qui pensaient avoir obtenu leur ministère ont perdu la partie. D’abord rattachée à Malraux en même temps que la direction des beaux-arts, la sous-direction de l’éducation populaire retourne définitivement à la jeunesse et aux sports (6). La coupure sera désormais établie entre culturel et socioculturel, entre « vraie » et « fausse » culture que seul l’Etat sera fondé à départager. Beaucoup attendaient que la gauche arrivant au pouvoir abolisse cette césure. Il n’en fut rien.

Cette histoire-là est plus connue : loin de rompre avec la vision élitiste et de reformuler la question culturelle sur des bases progressistes (tout le monde est producteur de culture, celle-ci n’étant rien d’autre qu’un rapport social), la gauche des années 1980 propulse la figure de l’artiste à des hauteurs jusque-là inconnues. Après le tournant libéral de 1983, la Culture majuscule réduite aux beaux-arts devient l’étendard d’un Parti socialiste qui, sur le plan économique, ne se distingue plus guère dès lors qu’il se résigne à faire le « sale boulot » de la droite. Mieux : l’action culturelle se substitue à l’action politique, comme l’illustre la commémoration du bicentenaire de la Révolution, le 14 juillet 1989.

Mis en scène par le publicitaire Jean-Paul Goude, le défilé intitulé « les tribus planétaires » présente chaque peuple non par un symbole de ses conquêtes politiques, de sa quête d’émancipation ou de la domination qu’il subit, mais par son signe « culturel » le plus anecdotique et le plus stéréotypique : les Africains nus avec des tam-tams, les Anglais sous la pluie, etc. Fin de la Révolution. Fin de la Politique. Fin de l’Histoire. Vive la Culture.
Rendre lisibles à tous les antagonismes sociaux

Ce type de « culture » a remplacé la politique parce que la fonction du « culturel » est précisément de tuer le politique (7). Dépolitisée, réduite à l’esthétique, une culture n’est ni meilleure ni pire qu’une autre culture : elle est « différente ». Le politique est l’affirmation d’un jugement de valeur. Le « culturel » est son anéantissement et la mise en équivalence généralisée sous l’empire du signe. La condamnation des violences faites aux femmes — l’excision, par exemple — est un geste « politique » : elle affirme qu’une société qui décrète l’égalité des hommes et des femmes est une société meilleure qu’une société qui ne la décrète pas. La tolérance de l’excision est en revanche « culturelle » : elle revendique la reconnaissance d’une culture qu’une autre culture ne peut juger de l’« extérieur ».

Il y a désormais en France une culture officielle, une esthétique certifiée conforme, celle des scènes nationales de théâtre, par exemple, aux mises en scène interchangeables. Elle vise paradoxalement à manifester en tous lieux la liberté d’expression, pour peu que celle-ci ne désigne aucun rapport social réel, n’entraîne aucune conséquence fâcheuse et soit littéralement sans objet. Provocations adolescentes, esthétique ludico-décadente, citations ironiques (8)... On s’y ennuie ferme, mais on y applaudit fort ! En même temps qu’il dépolitise, l’entretien du culte de la « culture » contribue à domestiquer les classes moyennes cultivées en réaffirmant la frontière qui les sépare des classes populaires.

Ainsi du visiteur qui, au milieu des années 1990, pénétrait dans telle Maison de la culture du Nord pour y découvrir une interminable rangée de bidons remplis d’eau alignés contre un mur et surmontés d’une petite photographie indiquant la provenance du liquide. Face à l’« œuvre », trois attitudes fréquentes. Un familier de l’art contemporain disposant des outils culturels adéquats pourra admirer le « dispositif ». Un profane dépossédé de ces ressources se révoltera contre une « supercherie », se dira qu’il peut en faire autant, maudira tous les artistes et éprouvera un sentiment d’infériorité sociale. Entre les deux, le visiteur imprégné de « bonne volonté culturelle » se convaincra qu’il y a là une « démarche », une « intention », quelque chose de supérieur qu’il convient d’apprécier — acquiescement soumis qui signe son appartenance aux classes moyennes cultivées.

Pareille imposition n’est pas sans conséquence, surtout en ces moments de crise économique où le basculement des classes moyennes du côté des classes populaires plutôt que vers les dominants représente un enjeu politique important. Le dressage « culturel » sert cette deuxième option. C’est pourquoi un programme réellement de gauche devrait se démarquer du concept de culture pour soutenir celui d’éducation populaire.

Les fédérations labellisées « d’éducation populaire » en sont loin (9). Embrigadées dès le début des années 1980 dans les innombrables dispositifs de traitement social des populations dites « en difficulté », combien d’entre elles administrent, en échange de subventions, des programmes de « mobilité des jeunes », d’« éducation tout au long de la vie », de « défi-jeunes » et autres apprentissages de la flexibilité et de l’esprit d’entreprise, pendant que d’autres, engagées dans la « politique de la ville », œuvrent à l’« insertion » des classes populaires à coups de « développement local », de « développement culturel » et d’« animation socioculturelle » (10) ?

En 2002, l’Association pour la taxation des transactions pour l’aide aux citoyens (Attac), fondée quatre ans plus tôt, obtenait son agrément en tant qu’association nationale de jeunesse et d’éducation populaire. Et, soudain, un contraste apparaissait : si Attac fait de l’éducation populaire en informant sur l’économie, en expliquant les inégalités et en proposant des moyens d’y remédier, alors que font les autres ?

On peut ainsi distinguer deux conceptions de l’action par la culture : l’« action culturelle », qui vise à rassembler autour de valeurs « universelles », consensuelles (l’art, la citoyenneté, la diversité, le respect, etc.). Et l’éducation populaire, qui vise à rendre lisibles aux yeux du plus grand nombre les rapports de domination, les antagonismes sociaux, les rouages de l’exploitation (11). La crise économique pourrait bien dissiper les mirages de l’une et remettre l’autre au goût du jour.

Franck Lepage
Ancien directeur du développement culturel à la Fédération française des maisons des jeunes et de la culture. Auteur et interprète de la conférence théâtrale L’Education populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu..., 2007 (Le Cerisier, Cuesmes, Belgique), et membre de la coopérative d’éducation populaire Le Pavé.


(1) Selon la définition de Mlle Nicole Lefort des Ylouses, instructrice d’éducation populaire recrutée en 1944 par Mlle Faure.

(2) L’âge de la majorité civile est passé de 21 ans à 18 ans en 1974.

(3) A l’exception notable de M. Roger Bambuck, secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports de 1988 à 1991.

(4) Philippe Urfalino, L’Invention de la politique culturelle, La Documentation française, Paris, 1996.

(5) Marie-Ange Rauch, Le Bonheur d’entreprendre. Les administrateurs de la France d’outre-mer et la création du ministère des affaires culturelles, La Documentation française - ministère de la culture, Paris, 1998.

(6) Françoise Tétard, « L’éducation populaire : l’histoire d’un rattachement manqué », dans Les Affaires culturelles au temps d’André Malraux, 1959-1969, Comité d’histoire du ministère de la culture, La Documentation française, Paris, 1996.

(7) Alain Brossat. Le Grand Dégoût culturel, coll. « Non conforme », Seuil, Paris, 2008.

(8) Jean-Paul Curnier, Manifeste, Léo Scheer, Paris, 2000.

(9) Contrairement à la France, l’éducation populaire, politique et critique, prospère dans certains pays d’Amérique latine et demeure ancrée dans le mouvement social en Belgique ou au Québec.

(10) Lire le « Dico de la langue de bois » sur le site Le pavé.

(11) Cf. « Le travail de la culture dans la transformation sociale : une offre publique de réflexion du ministère de la jeunesse et des sports sur l’avenir de l’éducation populaire », La Documentation française, Paris, 2001.


Source : http://www.monde-diplomatique.fr/2009/05/LEPAGE/17113


6 mars 2015

Wikiversité

Le 1er décembre 2006, quelques utilisateurs de Wikipédia lançaient officiellement le projet Wikiversité.

Qu'est-ce que c'est ?

Projet : Créer une Université du Vivant

(Précision : Lyon Zéro ne fait pas partie de ce projet, mais fait passer le mot.)

L’association PEUV a pour objectif de créer une Université du Vivant (appellation provisoire), en rassemblant les personnes désireuses de s'y associer.

L’Université du Vivant est envisagée comme un espace d’échange, de recherche et de formation ayant pour vocation de contribuer :
  • au développement de connaissances sur la nature spécifique du vivant en établissant les bases épistémologiques et expérimentales nécessaires, et en élargissant ainsi le champ paradigmatique, en puisant à des sources d’inspirations philosophiques diverses et en favorisant le débat et la rencontre des points de vue.
  • au partage, à l’échange, l’accueil et l’appui pour une recherche autonome, indépendante, en privilégiant une co-construction plurielle et participative des savoirs
  • au développement de principes éthiques d’action, d’orientation et de conseil qui respectent l’intégrité du monde vivant et la liberté de pensée et d’initiative des chercheurs et de tous individus concernés.
Le terme « université » n’est pas réservé à un certain type d’institution, il est communément utilisé pour désigner des rassemblements d’acteurs pour la recherche et l’échange sur des thèmes d’intérêt. Ce terme a été choisi par les fondateurs de PEUV pour rendre compte d’une visée de transversalité, de multiculturalité, d’internationalité, afin de créer un espace dédié à l’étude, la réflexion, l’échange, la recherche, le partage, la formation, la rencontre.

L’association PEUV est un réseau sans murs, qui ne possède actuellement pas de locaux. L’université du vivant est elle aussi conçue comme un espace délocalisé sur tout le territoire. Il ne s’agit pas de créer une infrastructure lourde qui mobiliserait des moyens importants, mais de mettre en réseau des lieux d’expérimentation déjà existants. Il sera aussi nécessaire de disposer de locaux pour héberger un service de coordination et de gestion, créer un centre de documentation, et accueillir des réunions et séminaires.

Site : universite-du-vivant.org

12 janvier 2015

Massive Open Line Courses

Découvrez les MOOC (Massive Open Line Courses).

Il n’aura fallu que deux ans pour que le phénomène MOOC se développe et propulse l’enseignement supérieur vers un très large public. Ces cours ouverts à tous, en ligne et gratuits, offrent un nouveau moyen de favoriser l’accès à la connaissance...

Cliquez-ici pour lire le document (pdf).

(Esprit critique exigé.)

17 novembre 2014

Festival Mode d'Emploi

"Peut-être connaissez-vous le festival Mode d'Emploi, organisé par la Villa Gillet dans toute la région Rhône-Alpes. Il s'agit d'un festival des idées, consacré aux sciences humaines et à la philosophie, mais pas seulement. Les sujets abordés questionnent le monde d'aujourd'hui dans ses multiples facettes et croisent les domaines pour en montrer la richesse. Cette année, le festival se déroulera du 17 au 30 novembre 2014.

Permettez-moi de vous contacter pour vous présenter un nouveau volet de programmation qui pourrait vous intéresser: "La Foire aux savoirs". Elle consistera en une série de cours ludiques et décalés, de 20 minutes chacun, que nous souhaitons proposer au public lyonnais, sur le modèle d'une initiative que nous avions mise en place à New-York en 2011.
Toutes les disciplines, tous les sujets, tous les savoirs et savoir-faire sont les bienvenus! Cette initiative se veut en partie une façon de mettre en valeur la recherche des laboratoires rhônalpins, les travaux et les connaissances qui font la richesse de la région, des chercheurs aux artisans, des amateurs aux bénévoles et passionnés."

Villa Gillet
25, rue Chazière 69004 Lyon

www.villagillet.net

0478270248

26 février 2014

ca demenage

C'est une grande première !

Un nouveau lieu dédié au partage, à la création et à la curiosité vous ouvre ses portes à mi-chemin entre Saint Just et Perrache. Disposant d'un bâti et d'un jardin aux dimensions de son ambition, cet endroit niché sur les hauteurs lyonnaises souhaite mettre l'accent sur la qualité. Dans un monde où le quantitatif bat la cadence, il bon de retrouver des poches où il fasse bon vivre. Ici, par exemple, tabac, alcool et plats industriels cessent de coloniser l'existence pour favoriser des dynamiques réelles émancipatrices et saines.

Nous vous attendons avec plaisir.
En attendant le passage de la fée électra, venez avec bougies et couvertures :)

A ce soir !

10 janvier 2014

Université libre à Stuttgart

Début Janvier nous avons eu la chance de rencontrer l'université libre de Stuttgart. Petit compte-rendu.

Étapes et fonctionnement de l'université :

Quelques personnes souhaitant vivre l'apprentissage autrement ont formé un groupe de réflexion.
Début octobre 2013, elles louent une belle maison de 9 chambres avec jardin au cœur de la ville, appartenant à une fondation privée anthroposophe (c'est à dire dans la sensibilité de Rudolph Steiner).
Après de nombreux travaux de rafraichissement, ils emménagent un mois plus tard.
Peu à peu, le groupe s'est étoffé, sans publicité, portant le nombre d'habitants-participants à 14 personnes âgées de 18 à 30 ans. (Un peu à l'étroit, ils prospectent pour louer un second bâtiment.)
L'ambiance y est agréable et vertueuse (13 sont non-fumeurs, aucun ne boit de l'alcool et tous sont à tendance végétarienne).
Chacun détermine ses propres sujets de recherche et comment satisfaire ses objectifs.
La presse commence à publier quelques articles sur le sujet.

Chaque semaine, il y a trois temps collectifs :
- le mardi soir : repas végétarien/végétalien réunissant participants et personnes extérieures intéressées.
- le mercredi soir : repas en commun entre participants seulement.
- le dimanche après-midi : temps d'échange entre participants pour faire le point e soulever, si besoin, les différentes difficultés.

Tous les mois, les participants imaginent et mènent un projet collectif sur une semaine (exemples : marche d'une semaine, rencontres dans l'université officielle pour débattre d'éducation, etc.).

Ils envisagent de louer un jardin potager non loin de chez eux pour favoriser une alimentation locale, autonome et saine (actuellement le principal venant de récups réalisées en grandes surfaces).



Nous souhaitons de belles aventures à ce projet très inspirant alliant avec qualité lieu de vie collectif et apprentissages personnels !

Leur site (en Allemand) : ?

8 novembre 2013

Ciné-débat : Une autre éducation est-elle possible ?

Le vendredi 15 novembre à 20h à la MJC St Just
6 rue des Fossés de Trion, Lyon 5e (http://goo.gl/maps/gUUWl)
(transport en commun : funiculaire arrêt St Just, ou bus)

aura lieu une projection du documentaire
« Quels enfants laisserons-nous à la planète ? »
réalisé par Anne Barth à l'école élémentaire du Colibri
fondée par Isabelle Peloux aux Amanins (lesamanins.com),
suivie d'un débat avec Fabienne Bony de l'Institut de Formation
et de recherche du Mouvement pour une Alternative Non violente (ifman.fr)



Entrée libre - réservation conseillée
04 72 32 16 33 - mjcstjust ((a)) gmail.com - mjcstjust.org

5 octobre 2013

Les Colibris veulent révolutionner l'éducation

Le 5 octobre 2013, le mouvement des Colibris initié par Pierre Rhabi lance une campagne pour une autre éducation.


"Le 3e volet de la (R)évolution des colibris, c'est l'Education.
Cette thématique intéresse un très grand nombre d'entre vous (résultat d'un sondage Colibris) et promet trois mois de campagne riches en échanges, débats et actions concrètes.
Grand lancement le samedi 5 octobre avec la journée de mobilisation nationale ! Nous allons explorer et filmer nos "(R)êves d'écoles". La plateforme Internet qui accueillera les petites vidéos sera ouverte à partir du 4 octobre. Elle mettra en valeur vos productions qui viendront nourrir les chantiers de demain."

Plus d'infos sur leur site :
http://www.colibris-lemouvement.org/revolution/revolutionner-leducation/le-5-octobre-lancement-de-la-campagne-education

et sur leur chaîne vidéo dédiée :
http://vimeo.com/groups/revolutioneducation

1 octobre 2013

Soirées sur l'actualité de FAC - saison 2013-2014

Lyon Zéro fait suivre le communiqué de l'association Formation & Action Citoyennes (FAC) :


Depuis janvier 2012, nous (FAC) expérimentons des ateliers citoyens sur l'économie. Nous souhaitons prolonger cette expérience d'éducation populaire en soirée.

L'idée est d'organiser des soirées-débats sur des thèmes relatifs à l'actualité politique, économique et sociale. Les thèmes seront annoncés une quinzaine de jours avant la séance.

Pour que le débat soit fructueux, les participants sont invités à se munir d'extraits d'articles, de propos ou de phrases entendus à la radio ou ailleurs, etc. Dans une véritable optique d'éducation populaire, nous confronterons nos arguments afin que chacun puisse progresser dans ses représentations et ses connaissances sur la question traitée.

Ces soirées auront ainsi plusieurs objectifs :
  • Augmenter ses connaissances sur des sujets précis
  • Expérimenter ensemble une méthode d'animation de débats et de confrontation d'arguments
  • Dégager des points d'accords et de désaccords après avoir écarté les fausses représentations et les fausses controverses.

Les participants ne prennent aucun engagement d'assiduité, mais une participation à plusieurs ateliers permettrait à chacun d'apporter une réelle contribution dans le développement des ateliers. Dans l'esprit de l'éducation populaire, la prise de responsabilité de participants dans l'animation des ateliers n'est d'ailleurs pas exclue.

Calendrier des soirées :
  • 5 novembre 2013
  • 10 décembre 2013
  • 21 janvier 2014
  • 18 février 2014
  • 1er avril 2014
  • 13 mai 2014
  • 24 juin 2014

Lieu :

58 rue Raulin, Lyon 7ème - arrêt Tram T2 Centre Berthelot

Tarif :

Coût de l'adhésion à l'association Formation & Action Citoyennes (tarif normal : 10€, tarif réduit sur conditions de ressources : 5€).

Merci de nous informer de votre participation :

FAC, 58 rue Raulin - 69007 Lyon
www.la-fac.org - la-fac ((a)) la-fac.org
Contact tél. : 04.78.83.52.57 / 06.87.68.87.81

1 juillet 2013

Ô Château dans le Ciel : LE RETOUR

Nouvelle adresse : 71 quai Perrache


Lundi 1er juillet, 18h : Assemblée populaire constitutive

Seront traités notamment les points suivant:  
  • fonctionnement de l'université populaire
  • constitution de groupes de travail
  • programmation des évènements à venir
  • rénovation et décoration du lieu
  • partage des envies de chacun

L'inauguration aura lieu le 13 juillet, mais une programmation est déjà proposée, et n'attend que d'être enrichie par vous.

Jeudi 4 juillet, 14h : Cours de permaculture

La permaculture, telle qu’elle a été définie par Molisson et Holmgren, est « un système énergétique complet, sûr et durable », « une méthode d’agriculture planifiée, dont le choix, la disposition sur le terrain et la conduite des plantes et des animaux constituent la base ». Il s’agit de concevoir méticuleusement des systèmes agricoles productifs en intégrant et en reliant le mieux possible tous les éléments du système afin de favoriser les synergies,optimiser les ressources, réduire au maximum les dépenses énergétiques (travail, transport, transformations)… Ainsi, dans un système permaculturel, chaque élément remplis plusieurs fonctions, il n’y pas de déchets, le sol s’enrichit, les productions sont multiples, le besoin en travail et en énergie diminué.

20h30 Projection du film "Punishment Park", de Peter Atkins

Fable politique inspirée par l'application du McCarren Act, une loi d'exception votée en 1970 à la faveur d'une aggravation du conflit au Nord-Vietnam, autorisant à placer en détention "toute personne susceptible de porter atteinte à la sécurité intérieure". Dans une zone désertique du sud de la Californie, un groupe de condamnés est amené, contre la promesse de leur libération, à traverser le désert à pied, sans eau ni nourriture, pour atteindre le drapeau américain sans être capturés par les forces spéciales armées et motorisées lancées à leur poursuite.

Vendredi 5 juillet, 12h : Repas partagé

Tout le monde amène quelque chose pour passer un moment convivial !

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Et, pour vous mettre l'eau à la bouche, nous vous annonçons dès à présent :

La fête de la Renaissance, le weekend du 19 au 21 juillet



4 avril 2013

Le château expulsé : un nouveau chapitre commence

Communiqué de l'équipe de l'université populaire autogérée « Ô château dans le Ciel ! » suite à l'expulsion du 4 avril

"Ô Chateau dans le Ciel" (Université populaire autogérée de la Doua) a su profiter de ces quelques jours de soleil afin de concilier simplicité et harmonie, cours de langue et ateliers philo sous tipi, constructions dans les arbres et détente-canapé autour du feu. Cette "expérience politique" a pris fin ce 4 avril, face à l'armada du GIPN, CRS, BAC et autres groupes d'intervention. Faisant fi de la bataille perdue, les occupants parlent déjà de continuer l'expérience.

Une université vivante ou le bonheur d'être et d'apprendre ensemble

Le 3 avril fut une journée d'effervescence au Chateau. Entre 30 et 50 personnes se relaient depuis quelques jours, tant pour la protection du lieu, toujours sous le couperet d'une expulsion très prochaine, que pour assurer la continuité des nombreuses activités proposées par l'université populaire.

En plus d'assurer les ateliers déjà prévues au programme, notamment conversations en langues étrangères, philosophie en tipi et autre projection de documentaire, les habitants y vont aussi de leurs propres initiatives : construction d'une nouvelle cabane en forme de yourte, initiation à l'escalade dans les arbres, confection de murs en terre/paille dans l'éco-maison d'accueil...
Tandis que quelques personnes profitent du soleil dans les nouveaux canapés du salon d'été en extérieur, le jardin lui-même prend peu à peu un nouveau visage, avec la délimitation de chemins entre les zones prôtégées, ébauche des futures ballades dans ce qui pourrait devenir un parc naturel en plein centre ville. Le compostier a été réhaussé, la serre a été bâchée, des semis ont été lancés, salades et radis pointent à la surface de la terre, et quelques zones destinées aux expériences de permaculture ont vu le jour, paillis à l'appui. Beaucoup de travail reste à faire, mais cela ne fait peur à personne, tant ce lieu vivant fourmille d'énergie et d'effervescence.

Mais qui sont les casseurs ?

24h plus tard, le 4 avril, tout ceci n'est plus qu'un beau souvenir. les occupants sont séparés de la demeure par un cordon de CRS, le GIPN a mené l'assaut en détruisant les murs intérieurs du chateau, celui-ci aura duré moins d'une heure. Un ami aura su garder arbre et sang-froid durant plus de six heures en haut du marronier à cabane. Il réussira à s'enfuir et c'est alors que commencera l'activité vorace et destructrice de la pelleteuse. Des haies sont rasées afin de faire passer les engins, la cabane arrachée ainsi que les principales branches sur lesquelles elle était posée. Les chemins du jardins sont remplacés par les ornières des chenilles. Un mur sera construit autour des nombreuses fenêtres du château, des vigiles placées en surveillance continue, des projecteurs scrutent la zone durant la nuit...

Le rêve ne s'arrête pas là

On n'arrête pas une idée qui a su rassembler autant d'énergies et de personnes différentes, une idée qui a généré autant d'optimisme, d'enthousiasme et de bonheur, une idée ayant rendu tangible l'image d'un progrès collectif et humain fait de partage, d'écoute mutuelle et de bienveillance. ON arrête pas un telle idée. Surtout pas par la force destructrice aussi drapée soit-elle de l'honnêteté de la justice préfectorale. Indigne opération policière qui se chiffre probablement à plusieurs centaines de milliers d'euros.
Les occupants de "Ô Chateau dans le ciel" se sont promis de se retrouver. L'université populaire réapparaîtra, ici ou ailleurs, forte d'une riche expérience, de ses nombreux soutiens et de l'engouement qu'elle a suscité.
Et la suite ?

Une page se tourne. Mais un nouveau chapitre commence !

14 mars 2013

Venez débattre : la compétition et l'évaluation en question

Le collectif CCRASS organise une conférence-débat sur le thème :

Résister dans l'éducation aux référentiels de l'idéologie dominante :
la compétition et l'évaluation en question

Le vendredi 15 mars 2013 de 10h à midi,
à l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon
4 rue du professeur Charles Appleton, 69007 Lyon
 
 

25 février 2013

Ô château dans le ciel : rendu judiciaire + programmes

L’huissier est passé le 13/03/2013. Nous sommes prévenus : L’expulsion aura lieu Lundi 18/03/2013

Au programme :

1. Réunion exceptionnelle jeudi 14/03/2013 à 20h au chateau pour organiser la résistance.
2. Déménagement final Samedi 16/03/2013 à partir de 10h (Camions, Bras, et Voitures bienvenue!)
3.Occupation créative et chantier collectif tout ce week-end
4. Manifestive Samedi 16/03/2013 jusqu’à la Mairie de Villeurbanne avec dépôt de la pétition.
5. Soutien Résistant Lundi 18 heures dès 6h !

PS : Si vous voulez faire partie de la chaîne SMS de soutien, renvoyez-nous votre numéro de téléphone portable.


Programmation du 8, 9 et 10 mars 2013 :






Semaine du 28 février au 3 mars


Jeudi 28 :
10h30 : Atelier Cuisine
Venez partager un moment de convivialité. Cuisiner ensemble est un instant collectif privilégié d'échange et d'ecoute.
12h Repas partagé
Venez partager un repas à prix libre et échanger avec vos voisins.
18h : Réunion Appel à bénévolat et formation
Vous voulez que le projet d'université populaire grandisse et prospère. Venez prêter mains fortes !
19 h : Réunion prépatation de l'assemblée populaire
Pour avoir une assemblée efficace, un minimum de préparation est nécessaire. Mise en communs des informations et annonces. Organisation des phases de l'assemblée. Élaboration des ordres du jour.
19h30 : Atelier d'auto-défense numérique
Internet et les réseaux nous sont désormais accessibles partout et de bien des manières.
Par le biais de votre ordinateur bien sûr, mais aussi de votre téléphone, de votre télévision, vos consoles de jeux… A l’heure où Internet et l’informatique occupent une place prépondérante dans nos existences, comment comprendre les enjeux et les risques liés à la mise en réseau systématique de nos vies.
Malware, neutralité du Net, cryptage, réseaux décentralisés, protocoles de chiffrement, peer to peer, wifi, ethernet, http, cookies, token, authentification, sniffing… Autant d’anglicisme et de mots barbares qui peuvent rebuter, voire effrayer. Découvrez les technologies de l’information avec un œil nouveau et reprenez le contrôle de votre vie et de votre identité numérique: les pièges à éviter, la notion de sécurisation, le contrôle de l’information, apprendre à se protéger, prendre conscience des conséquences à venir. Les questions bêtes ne le sont que parce qu’elles ne sont jamais posées.

Vendredi 1er Mars :
 
19h Assemblée populaire
Ordres du jour :
  • Réaction au jugement d'expulsion du tribunal administratif
  • Suite du projet d'université populaire. L'imagination ne peut être circonscrite...
21h : Boeuf musical
Amenez vos instruments. La musique peut nous porter au delà des frontières...

 
Samedi 2 Mars :
 
14h Do it yourself
Fabriquer des choses par soi-même. Ne pas être toujours dépendants, atome social urbain cerné par les guichets consuméristes.
Cette fois-ci fabrication de lessive !
16h: Café économie
Débat sur l'actualité économique, la démocratie, le monde... autour d'un thé ou d'un café !
Attention, les conversations sont susceptibles d'être enregistrées !


Dimanche 3 mars :
14 h Atelier jardinage
Nous continuerons ce qui n'a pas été fini mardi.
Plantage des premiers semis pour le printemps !
14h30: Atelier lecture
Le principe : des livres sont proposés. On choisit ensemble et on se partage la lecture au coin du feu !
N'hésitez pas à amener le ou les livres que vous souhaitez partager !
21h:Projection de « L'art de la pensée négative »
L'Art de la pensée négative (Kunsten å tenke negativt) est un film norvégien de Bård Breien sorti en 2006. Geirr est trentenaire et handicapé à la suite d'un accident. Sa femme est sur le point de le quitter, cédant devant son mauvais esprit et sa misanthropie galopante. En désespoir de cause et pour lui donner une dernière chance, elle convie chez lui un groupe de handicapés chaperonnés par une coach pleine de foi en sa méthode positive. Il les accueille à sa manière en leur vidant un extincteur dessus. Dès lors, son entreprise de démoralisation commence. Tous les repères vont exploser, les handicapés vont prendre le contrôle et exclure les valides et leur bonne conscience, se perdant dans une nuit d'ivresse aux vertus inattendues.

Toute la semaine :

Des cours d'apprentissage du français et une permanence d'aide administrative sont également proposés, ils ont lieu si des personnes intéressées s'inscrivent.Nous avons déjà les intervenants.Faites tourner l'info aux assos susceptibles d'être intéressées ! Un café et un salon de thé libre vous accueillera à tout moment pour faire une pause, échanger...

 
25 février 2013 :

Nous relayons le communiqué de nos amis châtelains :

Bonjour à tous !

C'est un jour lugubre.
La toute nouvelle université populaire « Ô château dans le ciel » connaît un premier coup d'arrêt... Le CROUS, se servant de son statut de service public, a pu contourner la loi sur le droit au logement en saisissant une procédure express d'expulsion au tribunal administratif. Il se devait de démontrer devant le juge l'urgence à nous expulser. Tous les arguments qu'il a opposé, sans justification probante, ont été démontrés comme infondés (voir dossier juridique sur www.lyon-alternatif.fr/dossier-juridique). Malgré tout, le juge administratif, ne considérant aucun de ces arguments a pourtant décidé de nous expulser sous 5 jours. A l'issue de ces cinq jours, si nous refusons de partir, l'huissier pourra demander un recours à la force publique.

Devant ce qui s'apparente, en toute objectivité, à une justice de classe caractérisée, nous nous devons de réagir. Notre motivation est entière. Nous appelons donc à une première réunion extraordinaire demain mardi 26 février à 19h « Ô château dans le ciel », 3 avenue Albert Einstein en face de l'arrêt de Tram T1 Albert Einstein. Nous ferons l'état des lieux des possibles. On ne s'en va pas d'un château sans panache...

Les résidents d'Ô château dans le ciel.
 



19 février 2013

Atelier sur la préhistoire : questions-réponses pour clarifier nos origines

Un atelier sur la préhistoire, visant à clarifier nos origines et l'évolution de l'humanité, a été animé par Lyon Zéro (le mardi 19 février 2013, de 18h à 20h) et fut hébergé dans le lieu magique Ô château dans le Ciel

30 janvier 2013

Inauguration : Ô château dans le Ciel (univ pop à Villeurbanne)


« Ô château dans le Ciel ! » est une université populaire qui vient de voir le jour. Elle se situe au 3 avenue Albert Einstein à Villeurbanne, face à l'arrêt du Tram T1 Insa Einstein.

Dans un esprit d’échange et de partage, elle a pour volonté de mettre en commun idées, connaissances, savoir-faire, et cultures… de façon libre et autogérée.
Un salon de thé, ainsi qu’une bibliothèque et une salle informatique seront mis à disposition.

Afin d’être ouverts à tout un chacun, nous proposons un choix divers et variés d’activités (débats, projections, conférences, cours, ateliers manuels, aides juridique et administrative, activités culturelles et artistiques…) car nous considérons que culture, art et politique ne se dissocient pas, au contraire ils fondent des formes-de-vie alternatives.

Vous pouvez participer à cette aventure en proposant activement les activités que vous souhaitez, ponctuelles ou régulières ou bien en vous investissant dans celles déjà existantes.

La philosophie du lieu : écoute mutuelle, fraternité, liberté, autogestion et anti-hierarchie.

A terme à ce que cette université populaire devrait fonctionner de façon autonome : nous mettons à disposition une structure et un lieu, à vous de vous les approprier !

Si vous êtes intéressés, vous pouvez nous contacter en nous écrivant à chateau-dans-le-ciel ((a)) riseup.net ou mieux : venez nous rencontrer directement autour d’un thé ou d’un café !

Programme et d’avantage d’informations sur : http://lyon-alternatif.fr/o-chateau-dans-le-ciel/

Ô château dans le Ciel offre un cadre idéal pour la tenue d'ateliers (y compris ceux proposés par les membres de Lyon Zéro).

Inauguration du lieu : samedi 2 février 2013 à partir de 14h.

8 décembre 2012

Rencontre-débat : le lycée autogéré de Paris

Rencontre-débat :
Une fabrique de libertés : le Lycée Autogéré de Paris
Le 8 décembre à 15h30
au CEDRATS
27 montée Saint-Sébastien, métro Croix-Paquet, Croix-Rousse
Téléphone : 04 78 29 90 67
Courriel: cedrats.actions ((a)) laposte.net

Depuis 1982, existe à Paris un lycée public autogéré. Unique en son genre, le LAP (Lycée autogéré de Paris) a relevé le défi d'un fonctionnement collectif pris en charge par les professeurs et les élèves. Gestion du lieu, libre fréquentation, assemblées générales régulières, régulation des conflits par la commission Justice, mais aussi interdisciplinarité, voyages, pédagogie alternative, ateliers artistiques et recrutement des profs par cooptation, sont quelques-unes des caractéristiques de cet établissement pas comme les autres. Le mot qui définit le mieux ce lycée, c'est celui qu'il a décidé d'adopter dans son titre : Lycée autogéré. (...) C'est cette mise en pratique concrète qui est racontée dans ce livre. Quels sont les outils que se sont donnés les enseignants pour réaliser cet ambitieux projet éducatif où la liberté de l'élève est la condition de sa propre construction. « Voilà peut-être la vraie spécificité du Lycée autogéré de Paris : montrer qu'il est possible, et depuis plus de 30 ans, de passer de la liberté pédagogique à l'autogestion comme modèle politique en éducation. »

Nous en discuterons avec des membres du LAP ayant participé à la rédaction de l'ouvrage Une fabrique de libertés, paru aux éditions Repas, collection Pratiques utopiques, en juin 2012.

Lycée autogéré de Paris (LAP)
393 rue de Vaugirard - 75015 Paris
Web : www.l-a-p.org
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lycée_autogéré_de_Paris
Téléphone : 01 42 50 39 46

Voir aussi : le Lycée expérimental de Saint-Nazaire

18 septembre 2012

Universities at the Margins: Forging New Spaces for Learning in Alternative Higher Education

Nous remercions l'European Educational Research Association (EERA) pour avoir présenté Lyon Zéro comme l'une des nouvelles universités alternatives du monde.

Présentation de l'EERA : EERA was founded to encourage collaboration amongst educational researchers in Europe, promote communication between educational researchers and international governmental organisations and to disseminate and highlight the findings of educational research. Read more.


Nous reproduisons ici l'article original (en Anglais) dans son intégralité :


Universities at the Margins: Forging New Spaces for Learning in Alternative Higher Education

Author(s):Tristan McCowan (submitting/presenting), Marika Tsolakis (presenting)

Conference: ECER 2012, The Need for Educational Research to Champion Freedom, Education and Development for All

Network: 22. Research in Higher Education

Format: Paper

Session Information

22 SES 03 D, Teaching, Learning and Assessment in Higher Education

Parallel Paper Session

Time: 2012-09-18
17:15 - 18:45

Room: FFL - Aula 28

Chair: Jussi Välimaa

In recent years, many commentators have diagnosed some form of crisis in the higher education sector (e.g. Barnett 1999; Readings 1996; Unterhalter & Carpentier 2010). While the number and size of private institutions, many of which are for-profit, has rapidly increased in recent decades (Altbach et al. 2009), public universities have also undergone processes of privatisation, with ‘cost-sharing’ policies becoming the norm. The introduction of variable fees (even if mitigated by the existence of loans and scholarships) serves to exacerbate social stratification, while beyond the national level, there are increasing international inequalities, with institutions aiming to improve their league table position and compete for a piece of the globally mobile student cake. The rise of ‘academic capitalism’ (Ylijoki 2003) and the ‘entrepreneurial university’ (Slaughter & Leslie 1997) position higher education firmly as a private good, one providing benefit primarily to individuals – benefits conceived in terms of economic value, rather than citizenship, culture or intellectual development.

Around the world, new forms of university are being established in response to these global trends. Examples include the University of the Land (UNITIERRA) and the Intercultural Universities in Mexico, the University of Latin American Integration in Brazil, Evergreen University and Sphere College in the United States, Lyon Zero University in France, University of the Third Age in Canada, Earth University in India, and the virtual Peer 2 Peer University, to name a few (Berg 2011; Giambartolomei 2009; Teamey forthcoming).

This paper aims to understand the new forms of learning enabled by these alternative universities. A number of small-scale alternative higher education initiatives have emerged in England in recent years, providing an ideal basis to study innovative practices and their impacts. These universities range from the highly organised, such as Schumacher College in Plymouth which retains many conventions of traditional HE (Blake & Sterling 2011), to informal, ‘spaceless’ learning institutes such as the Really Open University,  the Free University in London and the Social Science Centre in Lincoln whose courses and structure are more fluid.

The research conceptualises alternative universities in England as communities of practice (CoP) (Lave & Wenger, 1991; Wenger, 1998) to consider their structural and pedagogical characteristics. As CoPs, they often seek to break down the traditional teacher-learner barrier and instil an environment of mutual experience and sharing. Second, they often comprise a group of people who are seeking to expand their knowledge and do so in working together. Furthermore, they remain open to anyone committed to similar interests and their existence relies on participation of members or students. However, CoP cannot fully encompass the politicised and transformational aims of these alternative universities and therefore also requires a Freirean lens through which to evaluate learning and broader outcomes of participation. Specifically, Freire’s (1972) notions of problematisation and conscientisation are employed: the former to describe the process of unsettling of common sense and unquestioned assumptions, and the latter the process of deepening political awareness in conjunction with action for social transformation.

Method

In order to explore these learning spaces, three case studies were undertaken of current initiatives in England: the Free University in London, Schumacher College in Plymouth and OpenLearn, a free service provided by the Open University. For each, in-depth interviews were conducted with various stakeholders, including the founders of the universities, students and facilitators. Participant observations were carried out of taught sessions, network meetings and other university activities. There was also documentary analysis relating to background documents and mission statements of the universities, curriculum materials and web-based discussion boards. As Teamey (forthcoming) suggests, it is important to explore the reasons for emergence of these universities, and their possible commonalities in terms of aims, scope, learning processes, taught subjects, evaluation, research, and degree granting. By surveying and evaluating this growing system of alternative HE, we can then comprehend its role and value. Furthermore, certain qualities of alternative universities may shed light on the strengths and weaknesses of the traditional system from which it seeks to distance itself.

Expected Outcomes

While the physical and ontological spaces that they occupy vary greatly, these new universities generally arise from a set of three main motivations: first, concerns over the degradation of the purpose of the university, and the instrumentalisation of teaching and research (Chiang 2004; Ylijoki 2003); second, the aim of political conscientisation in the context of mobilisation against global capitalism; and third, enabling provision for populations denied access to mainstream higher education (Berg 2011; Teamey forthcoming). The alternative universities also display considerable diversity as regards the distance or proximity to mainstream models in terms of accreditation, traditional disciplines and pedagogy. In terms of the new learning spaces established, emerging findings show significant challenges to ‘banking’ forms of education (Freire 1972), with evidence of collective consciousness-raising and horizational pedagogical relationships. More broadly, evidence of decommercialisation of higher education is observed, with a firmly public value given to the experience and outcomes. Nevertheless, the imprint of traditional curricular forms is still evident, with provision mostly organised in ‘classes’ and ‘courses’, and reliant on expert knowledge. Finally, implications of the findings are drawn out for the prospects of new universities around the world.

References

Altbach, P., Reisberg, L. and Rumbley, L. (2009) Trends in Global Higher Education: Tracking an Academic Revolution. Paris: UNESCO. Barnett, R. (1990) The Idea of Higher Education. Buckingham: SRHE and Open University Press. Blake, J. and Sterling, S. (2011) Tensions and transitions: effecting change towards sustainability at a mainstream university through staff living and learning at an alternative, civil society college, Environmental Education Research, (17)1, 125-144. Berg, J. (2011) ‘It’s his very own university, and welcome to it’ Chronicle of Higher Education [Online]. Available at: http://spherecollege.org/Chronicle May 2011.pdf. [Last accessed 31st January 2012]. Chiang, L. (2004) ‘The Relationship between University Autonomy and Funding in England and Taiwan’. Higher Education, 48 (2),189-212. Freire, P. (1972) Pedagogy of the Oppressed. London: Sheed and Ward. Giambartolomei, A. (2009). ‘Anarchy in the uni’. Presseurop. [Accessed online] : http://www.presseurop.eu/en/content/article/137021-anarchy-uni Lave, J. and Wenger, E. (1991) Situated Learning: Legitimate Peripheral Participation. Cambridge: Cambridge UP. Readings, B. (1996) The University in Ruins. Cambridge, MA: Harvard University Press. Slaughter, S. and Leslie, L.L. (1997) Academic Capitalism: Politics, Policies, and the Entrepreneurial University. Baltimore, MD: Johns Hopkins Press. Teamey, K. (Forthcoming) ‘The Newest Universities: Indigenous-Anarchic Affinities and Imaginations – Queries and Possibilities for Research’ Compare. Unterhalter E. and Carpentier, V. (eds) (2010) Global Inequalities and Higher Education: Whose Interests Are We Serving? Houndmills: Palgrave MacMillan. Wenger, E. (1998). Communities of Practice: Learning, Meaning, and Identity. Cambridge: Cambridge University Press. Ylijoki, O.H. (2003). ‘Entangled in Academic Capitalism? A Case-Study on Changing Ideals and Practices of University Research’. Higher Education, 45(3), 307-335.

Author Information

Tristan McCowan (submitting/presenting)
Institute of Education, University of London, United Kingdom

Marika Tsolakis
Institute of Education

Policy and Society

Athens

17 septembre 2012

20 sites qui vous donnent envie d’apprendre (Knowtex Blog)

Ce lundi 17 novembre le blog Knowtex.com spécialisé dans "les industries culturelles, la transition numérique et l'innovation sociale" a publié un article d'Audrey Bardon, intitulé '20 sites qui vous donnent envie d’apprendre', dans lequel l'auteur parle, entre autre, de Lyon Zéro.